Avance à l’allumage : Tuto pour relever la courbe


dimanche 30 septembre 2018.

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Pourquoi relever une courbe d’avance ?

-  pour vérifier le bon calage bien sur mais surtout

-  pour connaitre la réalité de ce que génère un mécanisme d’avance centrifuge ancien, qui au mieux est fatigué et au pire a été remplacé par un autre apparemment identique mais en réalité très different du fait

-  des masselottes

-  des ressorts

-  de la capsule à depression

-  de la torsion des points d’attache des ressorts

-  de la forme des "boutonnières" du plateau porte-cames,...

Le simple reglage de l’avance en statique ("à la lampe témoin"...), ou le reglage à la lampe stroboscopique au ralenti ( en general vers 1000 t/mn, en utilisant un index d’origine, vers 5° à 10°) n’ont de sens que si l’on est véritablement certain de la courbe générée par son allumeur.

Enfin, on notera qu’un tel relevé est dans ses grandes lignes equivalent au passage de l’allumeur sur un banc d’allumeur spécialisé de type Souriau ou autre.

On utilisera ici la plus simple des lampes stroboscopiques, c’est à dire sans déphasage.

Cette lampe,de marque Trisco, autour de 20€ sur le Net, émet un eclair puissant grace à une lampe flash au xenon.

Elles sont toutes équivalentes dans cette gamme de prix, les lampes à déphasage démarrant vers 60€.

Principe de fonctionnement

Une pince à induction enserre le fil de la bougie N°1, détectant le passage du courant d’étincelle très bref, autour de 1 milliseconde, et plutôt faible, quelques milliampères.

Cette detection déclenche immédiatement la décharge d’un condensateur chargé sous 400 V dans le tube flash.

En complement, une lampe à déphasage beneficie d’une électronique créant un délai entre l’étincelle et l’activation du flash.Ce délai est ajustable via une molette (ou autre), l’objectif étant d’aligner le repère de la poulie et l’index de PMH sur le carter, à un regime donné.On lit alors la valeur du délai convertie en degrés d’avance par l’électronique.

Une lampe à déphasage de bon niveau contient un compte-tours intégré.

Pour creuser le sujet du déphasage :

Stroboduino

Connexion de la lampe

-  Connecter les pinces d’alimentation : noir masse et rouge au +12 V, à l’entrée de la bobine par exemple (certains allumages électroniques peuvent être sensibles aux parasites émis par la lampe : il faut alors connecter le +12 à une autre source, par exemple la sortie de l’alternateur et en dernier recours à une batterie externe).

-  Positionner la pince inductive autour du fil du cylindre 1.Ce cylindre est en general le plus près du volant moteur ou alors le plus lointain.

S’il existe un repère de Point Mort Haut(PMH, que nous nommerons INDEX dans la suite) sur le carter, le N°1 est le cylindre en position d’allumage , à vérifier donc par la position du doigt d’allumeur, lorsque le repère sur la poulie et cet index de PMH sont alignés.

Noter que la pince inductive a un repère orienté coté bougie à respecter : si aucun flash ne se produit, inverser le sens de la pince.

-  Démarrer le moteur et maintenir la gâchette appuyée pour émettre un flash à chaque étincelle de la bougie N°1, c’est à dire une fois tous les 2 tours pour un moteur à 4 temps.

le problème de l’échelle de mesure

De nombreux cas sont possibles selon le modèle de moteur.

-  Cas idéal : il existe d’origine sur le carter, le long de la poulie une échelle graduée en degrés, où tout au moins avec des points de repère tels que 0°, 10°, 20°, 30° etc. et bien sur un repère de PMH sur la poulie.

En variante on peut se procurer (ou se fabriquer ) ces bandes auto-collantes, fonction du diamètre de la poulie.

-  Cas assez frequent, R8 par exemple, il existe un repère sur la poulie, un index de PMH et un autre index à environ 5° à 10° d’avance.Ce dernier index est utile pour un calage de l’avance au ralenti

-  Cas le plus frequent : il existe un index de PMH sur le carter et un repère sur la poulie

-  Autres cas :

— pas de poulie, seul le volant moteur est accessible. Le carter d’embrayage a un index, et le volant moteur possède un repère.

— poulie échangée ou inexistante, pas d’accès au volant moteur , aucun repère, ou repères non fiables.

Si en déposant une bougie, on peut introduire une pige (tournevis...) sur le haut du piston pour détecter le PMH allumage de ce cylindre (le vérifier selon la position du doigt dans l’allumeur ) , tout va bien :on trace un index sur le carter et un repère sur la poulie.A noter que dans ce cas, tout cylindre et pas uniquement le N°1, fera l’affaire.

Par contre si l’on est dans le cas d’une culasse type R8 G, avec les 2 canaux partant de la bougie, le piston n’est pas accessible...Si quelqu’un a une recette ( autre que le deculassage ou la depose du carter d’huile ), merci de me la communiquer.

Si l’accès à une poulie en bout d’arbre à cames est possible (cas de certains Renault Cléon alu par exemple) le relevé s’effectue de la même façon.

L’arbre à cames tournant deux fois moins que le vilo, il faudra multiplier par 2 les degrés calculés ci après.

Echelle "universelle"

L’échelle la plus générale consiste à tracer sur un morceau de carton ( ou mieux, metal ou bois ou plastique) une graduation de 0 à 40 mm ou 50 mm).

Noter que le sens de la graduation depend du sens de rotation de la poulie (ou volant moteur).Dans le cas present, c’est le sens horaire donc la graduation est orientée de droite à gauche, l’eclair se produisant de plus en plus à gauche, l’avance augmentant.

La longueur du support doit être suffisante pour que la graduation soit très proche de la poulie pour éviter les erreurs de parallaxe dans la lecture. Il est d’ailleurs recommandé de tailler la graduation en arc de cercle pour suivre le contour de la poulie ).

La fixation de cette échelle est temporaire et à improviser.La seule contrainte est que le 0 de la graduation doit coïncider avec l’index de PMH sur le carter.

Si les repères d’origine se prêtent mal au placement correct de la graduation (par exemple une courroie, un alternateur...empêchent le bon positionnement de l’échelle)il est aisé de créer ses propres repères : moteur au PMH grace aux repères d’origine, on trace son propre index de PMH sur le carter et son propre repère sur la poulie, au Typex blanc par exemple.

Relevé des mesures

Il faut bien entendu disposer d’un compte-tours.

On a le choix entre deux méthodes de relevé, combinables d’ailleurs :

-  soit maintenir le regime à une valeur fixe, disons 3500t/mn et mesurer l’avance sur la graduation : le flash parait immobiliser le repère de la poulie au moment de l’étincelle.

-  soit faire croître lentement le régime et noter sa valeur, par exemple 2700t/mn, quand le repère se trouve devant la graduation 25.

Dans tous les cas on prend note des couples (Regime,Graduation).

Typiquement, on relève :

— depuis le regime du ralenti jusqu’ à 5500t/mn, par pas de 1000t/mn

— ou alors, le regime pour les graduations 10,15,20,25,30,35mm en fait jusqu’au déplacement maximal du repère

Conversion des mm en degrés

Les degrés sont calculé en tenant compte du diamètre D en mm de la poulie, ou volant moteur.

Pour une circonférence de 3.14*D mm on a 360°.

Donc à 1mm correspond K = 360/(3.14*D) = 115/D degrés

Règle de conversion des mm en degrés

-  Avec le diamètre D en mm, calculer une fois pour toutes K = 115/D mm

-  Multiplier chaque valeur en mm par K pour obtenir des degrés

Exemple :

Pour une poulie de 9 cm de diamètre, soit D = 90 mm

K = 115/90 = 1.28

Le relevé (2700 t/mn, 25 mm) devient (2700, 25*1.28=32°)

Suggestion : réaliser la graduation directement en degrés, c’est à dire un repère 5° à 5*1.28 = 6.4mm , 10° à 13mm etc.

Et quand tout est fini, théoriquement parfaitement réglé, rien ne vaut un essai sur route (clé de 11 dans la poche) pour affiner éventuellement "ce parfait réglage"...

Et si la courbe relevée n’a plus grand point commun avec la courbe officielle ?

On peut alors :

-  essayer de modifier la tension des ressorts, au besoin les changer, idem pour les masselottes

-  se procurer un autre allumeur, mais evidemment relever sa courbe pour verification au préalable

-  monter un allumeur électronique de marque 123 par exemple, ou si l’on bricole un peu, construire un allumage programmable (type Aepl-duino http://a110a.free.fr/SPIP172/articl...) pour quelques euros.

Annexe Calage en statique de l’avance initiale

-  Vérifier l’écartement des vis, en general entre 0.4 et 0.5mm (l’épaisseur d’une carte de visite).Les ajuster au besoin

-  Aligner l’index de PMH du carter ( ou un autre index, ou une distance du PMH suivant les caractéristiques de l’avance initiale de ce moteur) et le repère sur la poulie.Cette avance initiale est en general comprise entre 0° et 10°

-  Desserrer la fixation de l’allumeur pour pouvoir le faire pivoter.

-  Déposer la tête de l’allumeur et repérer le sens de rotation du doigt(rotor).La garder déposée

-  Brancher un voltmètre (ou une lampe témoin de 12V) entre la masse et la borne du fil relié à la bobine.Mettre le contact

-  Tourner légèrement le corps de l’allumeur dans le sens de rotation du doigt, voltmètre à 0 (lampe éteinte) : les vis sont fermées

-  Tourner en sens inverse le corps de l’allumeur et s’arrêter quand le voltmètre indique environ 12V (la lampe s’allume) : les vis commencent à s’ouvrir

-  Resserrer légèrement l’allumeur

-  Faire tourner le moteur manuellement quelques tours afin de vérifier la precision du calage, et l’ affiner au besoin en tournant très légèrement l’allumeur

-  Resserrer définitivement la fixation de l’allumeur et reposer la tête

Nota : sans mettre le contact, on peut utiliser un ohmmètre, branché comme le voltmètre, pour détecter l’ouverture des vis.


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