AEPL JUMO, la fin de l’allumeur (2 ou 4 cylindres)

jeudi 10 mars 2016.
 

Cette évolution utilise deux bobines à double sorties haute tension, se substituant ainsi à l’allumeur.

Le principe est d’utiliser un index sur le vilo (volant-moteur ou poulie dans cet exemple) correspondant au PMH des cylindres 1/4. Il n’y a pas d’index pour les cylindres 2/3, sinon le microcontrolleur ne pourrait distinguer entre ces paires de cylindres. L’index génère une impulsion dans un capteur, ici à effet Hall, placé 45° avant le PMH. A chaque impulsion, le courant dans l’enroulement primaire de la bobine 1,4 est coupé (après le délai correspondant à l’avance désirée) pour générer une étincelle double sur les bougies 1 et 4. On pourrait penser qu’il y a une perte d’energie de 50% mais en réalité, l’étincelle du cylindre qui est à la pression atmospherique éclate beaucoup plus facilement, fermant le circuit du secondaire et la quasi totalité de l’energie de la bobine est utilisée à la generation de l’étincelle pour le cylindre comprimé. Notons que la technique n’est pas nouvelle puisqu’utilisée, entr’autres, sur les 2CV Citroën. Puisqu’il n’y a pas d’index correspondant aux cylindres 2/3, la génèration de leurs étincelles doit être assurée par logiciel. Comme il n’y a qu’une seule impulsion par tour-moteur, la période T entre deux impulsions est divisée par 2 pour se ramener au cas classique du double index à 180° en bout de vilo (ou des 4 cames d’un allumeur).

GESTION DU COURANT

Contrairement aux bobines classiques dont le primaire mesure environ 3 ohms, ces bobines jumo ont une très faible resistance, de l’ordre de 0,6 ohm. Sous 12 volts, le courant dans une bobine classique est de 4 A, mais 20A dans une bobine jumo ! A cette intensité, la puissance dissipée dans une telle bobine serait 20*12= 360W, traduisez qu’elle part en fumée en quelques secondes ! La version standard de l’Aepl gère le courant en l’interrompant 1ms seulement entre deux étincelles. Ici ce n’est pas envisageable, donc il a été développé une gestion de courant plus complexe : le courant n’est rétabli dans la bobine que 3ms avant la prochaine étincelle, soit avec un délai de T-3ms après étincelle. La constante de temps de ces bobines est faible, le courant monte rapidement, quasi linéairement, à raison de 1.3A/ms environ. En 3ms on atteint le courant maxi de 4A environ. La consommation globale des deux bobines est proportionnelle au régime moteur, moins de 1A à bas régime, et environ 2A à 6000t/mn. Après les premiers essais, l’algorithme de la gestion du courant a dû être affiné pour tenir compte des accélérations ! En effet, durant une forte accélération, la période diminuant rapidement, il faut en tenir compte pour conserver 3ms de temps de charge. Si T est la période actuelle et Tprec celle precedente, le délai est T-(Tprec-T)-3ms = 2T-Tprec-3ms

Inversement, à la deceleration,la période augmente d’une période à l’autre, le courant est retabli plus tard, régulant le courant moyen dans la bobine.

DANS LA PRATIQUE

On trouvera ci-dessous le schéma théorique, des photos du boitier (exterieur et interieur), une photo de l’index mono-branche, reconfigurable en index à deux branches si l’on veut revenir à une seule bobine (+allumeur), et enfin le montage sur l’auto.

Exemple de montage du capteur Hall sur A110 1600S

Et plus propre, avec capteur Honeywell 1GT101DC, non saturé.

La prise RS232 sur le boitier est destinée au telechargement de courbes d’avance depuis un PC. Elle fera l’objet d’un autre article, intitulé OPTIAE, logiciel d’opimisation de courbes d’avance.

Boitier Aepl Jumo


Interieur du boitier

Index à une branche - Celle des cylindres 1 et 4 Pour revenir à un allumage à une seule bobine on visse une patte pour un deuxième index à 180° du premier

Monté sur l’auto - Bobine Ford, double jumo

Listing assembleur commenté

SCHEMA THEORIQUE





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